Life, Ideas, Futures. Together.

Après plusieurs mois d’effort voici venu le tant attendu moment d’annoncer Lift06, la conférence que nous avons préparé depuis des mois… Cory Doctorow, Robert Scoble, Euan Semple, Xavier Comtesse, Jeffrey Huang, Hughes MacLeod, les plus grands ont répondu présent à notre invitation à venir partager leurs idées avec vous. Présentation

La conférence la plus excitante de début 2006 se passera à Genève les 2 et 3 Février, et réunira certains des plus grands acteurs du monde des nouvelles technologies.

Durant deux jours, ce forum international réunira ceux qui participent activement à la construction de notre société de l’information et de la communication. Qu’ils soient créateurs, observateurs ou investisseurs, les 30 orateurs partageront leurs visions, leurs idées ou leurs solutions sur les bouleversements qui toucheront demain notre quotidien.

Lift est un événement destiné à tous ceux qui se sentent directement concernés par les changements technologiques. Ce forum leur donnera l’occasion de mieux comprendre les défis de la révolution numérique, et les solutions qui se dessinent. L’objectif de LIFT ? Faire se rencontrer ceux dont les idées, en Suisse et en Europe, vont déterminer l’avenir de notre économie en réseau.

Ouvert à tous et interactif, le forum sera un catalyseur de débats autour de cinq thèmes majeurs liés à la révolution technologique actuelle : Internet, les technologies émergentes, le design, la solidarité globale (humanitaire, développement) et les « grandes idées », à savoir l’évolution des pratiques qui nous concernent tous dans notre quotidien, comme la propriété intellectuelle, la co-création ou la gouvernance d’Internet.

Venez à la rencontre des idées de demain!

On vous attend sur lift06.org. La conférence ne coûte que 295CHF (195 pour les étudiants), déjeuners inclus.

Life, Ideas, Futures. Together

I am proud to announce Lift, the conference I have been preparing for the past few months with the help of a great team of friends.

Some of the most talented observers, explorers, and builders of the moment will gather in Geneva to share their passion for technology. You are invited to hear the likes of Cory Doctorow, Euan Semple, Robert Scoble, Jeffrey Huang, Xavier Comtesse, and a lot of other amazing speakers talk about the important topics of our changing world. The Internet, emerging technologies, global solidarity, design, and big ideas, be prepared for two days of intense ideas sharing and networking.

But enough talks, visit the lift06.org website, check the speakers roster, the program, and sign up! It is only 295CHF (195 for students) for both days.

BitTorrent in court

BitTorrent, a popular peer-to-peer network, is currently under attack by the Hong-Kong Justice. It is a shame as this is probably the only p2p network used be many people for legal purpose (examples on jeuxvideo.com that is using BitTorrent to distribute videos).

It reminds me of an analogy Bruno Giussani made in 1995 (I think), when he was speaking at a time the Internet was under attack because it could carry porn pictures.

“Condemning the Internet because it allows to transfer illegal content is like condemning the Post when it carries booby-trapped package”.

It does not make sense. But… Court Issues First-Ever BitTorrent Conviction

(via Jidasse)

BitTorrent dans le colimateur de la justice

La justice cherche à torpiller bit torrent, en l’occurrence le premier réseau peer to peer utilisé légalement pas plein de gens (par exemple sur jeuxvideo.com).

Ca me fait penser à une analogie qu’avait fait Bruno Giussani en 1995 je crois (ça date!), quand on parlait d’Internet comme un havre de paix pour pornographes et autres pervers.

“Condamner Internet parce qu’il permet de transporter du contenu illégal, c’est comme condamner la poste parce qu’elle transporte des colis piégés”.

Ca n’a pas de sens. Et pourtant… BitTorrent confronté à la Justice de Hong-Kong

(merci Jidasse pour le lien)

Talent wars and innovation

A pertinent analysis in the last issue of Forbes (registration required) is a paper by Richard Karlgaard entitled “Talent Wars

Flying on the Delta Shuttle with Bill Gates 12 years ago, I asked, “What Microsoft competitor worries you most?”

“Goldman Sachs.” I gave Gates a startled look. Was Microsoft about to try the investment banking business? “Software,” he said, “is an IQ business. Microsoft must win the IQ war, or we won’t have a future. I don’t worry about Lotus or IBM, because the smartest guys would rather come to work for Microsoft. Our competitors for IQ are investment banks such as Goldman Sachs and Morgan Stanley.”

Well now, Bill is looking at Google, that’s for sure but what keeps him up at night is certainly still the IQ war. What would be the reason? The article leaves the reader with an hypothesis:

At Google one works to change the world; at Microsoft one works to protect the Windows and Office profit margins. Which mission do you think high-IQ people prefer?

And this is intricately related to MS’ business, their revenues are indeed coming from two ‘old’ products (Windows and Office) which they must defend. For Google it’s way different, the objective is to change the world, i.e. to innovate, entering (amazingly I would say) new markets, developing new technologies… It’s interesting to see how the innovation process of both is tightly related to the talented employees who might or might not come.

Technology and private life

Le Temps is publishing my interview with Cary Cooper, professor of organisational psychology and health at the university of Lancaster. We discuss the blurring of the frontier between private and professional life. In French only, but the automatic translation is not as bad as usual

Le Temps: When high tech blurs our references (French, automatic English)

Not only technology multiplies the quantity of information we receive, but it also requires immediate answers to the requests. Previously, with paper mail, one could quietly classify the things by priority and reflect before answering. Now, with mobile e-mail and telephones, one must react in the moment. Thus technology overloads us and obliges us to answer quickly.

It is also impersonal and takes us away from true social relations. When you send an email, you are first and foremost communicating with your machine. Some organizations, like the city of Liverpool for example, now banish the use of the e-mail between collaborators of the same building.

Technologie et vie privée

Le Temps publie ce matin mon interview de Cary Cooper, professeur de psychologie organisationnelle à l’université de Lancaster, avec qui je discute de la disparition de la frontière entre vie privée et vie professionnelle.

Le Temps: Quand le high-tech brouille nos repères

Non seulement la technologie multiplie la quantité d’information que nous recevons, mais en plus elle exige des réponses immédiates aux sollicitations. Auparavant, avec le courrier papier, on pouvait tranquillement classer les choses par ordre de priorité et réfléchir avant de répondre. Maintenant, avec e-mails et téléphones mobiles, l’on doit réagir dans l’instant. Donc la technologie nous surcharge et nous oblige à répondre rapidement. Elle est aussi impersonnelle et nous éloigne des vraies relations sociales. Quand on envoie un e-mail, on est avant tout en communication avec sa machine. On commence à voir des organisations, comme la ville de Liverpool par exemple, qui bannissent l’usage de l’e-mail entr e collaborateurs du même bâtiment.

Quand le high-tech brouille nos repères

INTERVIEW. Vie privée et vie professionnelle fusionnent. Les réflexions de Cary Cooper, professeur de psychologie organisationnelle.

Les technologies de l’information nous permettent d’être joignables en tout temps et à peu près partout. Revers de la médaille, il est de plus en plus difficile de séparer vie privée et professionnelle, et les vacances peuvent facilement être interrompues par un coup de fil urgent des collègues restés au bureau. Tour d’horizon de l’impact des nouvelles technologies sur la difficile balance entre vie privée et travail avec Cary Cooper, professeur de psychologie organisationnelle et de santé à l’Université de Lancaster.

Le Temps: Pensez-vous que la frontière entre vie privée et vie professionnelle est en train de disparaître?

Cary Cooper: Cette frontière tend à se gommer, et vie privée et vie professionnelle tendent à fusionner. Il y a trois raisons principales à cela. Tout d’abord, les gens travaillent de plus en plus longtemps, et de plus en plus vite. Ensuite, la technologie fait que l’on peut être contacté – on pourrait presque dire affecté – vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Enfin, maintenant que deux tiers des ménages sont composés de personnes qui travaillent toutes les deux, la technologie peut vous atteindre en tout temps, mais elle peut vous atteindre tous les deux.

La technologie est-elle seule responsable de cette disparition, ou n’est-elle qu’un facteur aggravant?

Non seulement la technologie multiplie la quantité d’information que nous recevons, mais en plus elle exige des réponses immédiates aux sollicitations. Auparavant, avec le courrier papier, on pouvait tranquillement classer les choses par ordre de priorité et réfléchir avant de répondre. Maintenant, avec e-mails et téléphones mobiles, l’on doit réagir dans l’instant. Donc la technologie nous surcharge et nous oblige à répondre rapidement. Elle est aussi impersonnelle et nous éloigne des vraies relations sociales. Quand on envoie un e-mail, on est avant tout en communication avec sa machine. On commence à voir des organisations, comme la ville de Liverpool par exemple, qui bannissent l’usage de l’e-mail entr e collaborateurs du même bâtiment.

On peut imaginer que cette invasion du travail dans la vie privée est une bonne chose pour les entreprises qui ont leurs employés à disposition en tout temps. Qu’en pensez-vous?

Personne n’a encore vraiment su tirer parti de ces nouvelles technologies, alors qu’elles offrent une incroyable palette de possibilités aux entreprises. Ces évolutions devraient permettre de proposer aux employés des arrangements beaucoup plus flexibles. On pourrait imaginer un système ou chacun travaille une partie de son temps chez soi et l’autre dans un bureau centralisé, pour les activités sociales entre collègues, les réunions ou la planification. Or, la plupart des entreprises ne proposent pas encore ce fonctionnement car elles n’ont pas compris comment exploiter les nouvelles technologies à leur avantage.

Tout le monde bénéficierait de plus de flexibilité, à commencer par tout le temps gagné sur les trajets pour se rendre sur son lieu de travail. Ensuite les gens travaillent généralement mieux chez eux, étant moins interrompus et plus concentrés sur ce qu’ils font. Les employés souhaitent plus de flexibilité, avoir la possibilité de choisir quand ils viennent au bureau. Il faut que les mentalités évoluent, et que l’on arrête de forcer les gens à faire du «présentéisme».

Alors, si les entreprises ont tout à y gagner, pourquoi ne donnent-elles pas plus d’autonomie à leurs employés?

Le problème vient des responsables, à tous les niveaux. Ils veulent que les gens soient au bureau car il en a toujours été ainsi, et ils veulent «voir leur empire». Nous devons changer notre culture, ce qui prendra du temps.

Quel est l’impact concret de ces technologies sur la vie privée?

Les technologies, en amenant ainsi la vie professionnelle dans le cercle privé, ont un impact très négatif. Elles «dérèglent» les relations. En vacances, vous verrez un nombre toujours plus important d’ordinateurs portables et de téléphones mobiles en liaison avec le bureau. Ce n’est pas très sain car cela ne laisse pas assez de temps pour les relations personnelles. Je soupçonne d’ailleurs les technologies d’être à l’origine de beaucoup de séparations de couples.

Que peut-on faire en tant qu’employé pour limiter ces risques?

C’est à chacun de s’organiser, de savoir dire non après sa sortie du bureau. Il faut faire passer le message que le travail sera fait mais que l’on a besoin de temps pour soi.

Des mesures légales sont-elles envisageables?

Ce n’est pas inimaginable, d’autant plus que l’on a un nombre grandissant de preuves que cette surcharge technologique nuit à la santé des gens. Nous allons au-devant d’un véritable problème de société. Il faut que les décideurs prennent conscience de ces problèmes et respectent mieux la vie privée. Mais les choses évoluent. En Californie, le patron d’une entreprise informatique a constaté que ses ingénieurs faisaient beaucoup d’erreurs quand ils programmaient tard le soir. Alors chaque jour à 17 heures il coupe l’électricité dans les bureaux. C’est tout à fait nouveau.